Articles & Book chapters

TheConversation orgue

TheConversation orgue
The Conversation (French edition), 08 February 2018.

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Des sons organisés, musicaux ou autres, seraient-ils capables de modifier notre rythme cardiaque ? d’interférer avec nos ondes cérébrales ? de nous guérir ou de nous rendre malades ? de nous conduire subrepticement vers des émotions ou des comportements inattendus ? L’idée que des ondes sonores puissent être employées, non seulement pour véhiculer des messages, mais aussi pour agir directement sur des processus psychiques ou biologiques donne lieu à de nombreuses pratiques thérapeutiques, pathogènes ou mystiques. Le dernier numéro de la revue Terrain en détaille quelques exemples. C’est aussi une idée remarquablement tenace dans notre société, où elle a fait fantasmer des générations de philosophes, de savants, d’artistes et plus récemment d’industriels. Ce court article présente un résumé de quelques hypothèses à ce sujet.

His Masters Voice, painting by F. Barraud, 1898

His Masters Voice, painting by F. Barraud, 1898
Terrain (online), section “Symposia and Debates”.

Full text and audiovisual examples online.

This essay identifies and describes three ways of listening that are available to all human beings. Beforehand, we argue that the concept of “sound”, as borrowed from acoustics and commonly used in anthropology, is too vague and too limited. In order to be able to understand the full range of human auditory experiences as found in ethnography, as well as the social interactions which they afford, we propose a distinction of at least three postures of listening. We define these as “indexical”, “structural” and “enchanted”, by contrasting their interactional salience in various settings. The auditory “things” that exist for each of the three stances (their ontologies) are also shown to be different. This trichotomy provides a promising theoretical framework for some longstanding problems in anthropology. After discussing some critical questions and possible shortcomings of our model, we conclude by looking closely at one of these issues: the definition of “music” and its ethnographic relevance throughout the world.

Illustration: Adià Fruitós

Illustration: Adià Fruitós

[Introduction to] Terrain n°68 “L’emprise des sons”, p. 4-25.

Full text available online (in French).

In various societies around the world, certain sound practices are invested with the capacity to transform the psyches or bodies of listeners, with or without their consent. This article offers an overview of some of these theories. The analysis of the various principles of efficacy invoked shows that sounds sometimes appear as active principles (drugs or medicines), sometimes as facilitators of relations, and sometimes as social agents in their own right, thus indicating their polymorphous character. Taken together, these theories, along with the other contributions gathered in this volume, demonstrate that the forces which animate inspiring, captivating, enchanting or cathartic music are the same as those which, in a more obscure way, run through possession, alienation, enchantment and depressive ruminations.

Atelier Fouille de Données Complexes EGC 2016, Reims, Janvier 2016.

The outcome of our collaboration with computer scientists working on deep learning techniques. The goal of the project was to check whether an "intelligent system" (say a computer) could learn "by itself" to discriminate the traditional modes (pathet) of Javanese gamelan and what clues it would deem relevant for that. Full text available here. My name is penultimate in the author’s list (these things matter sometimes).

Roms en Europe. Sous le regard de trois ethnologues, by Patrick Williams, Martin Olivera, Victor Alexandre Stoichita, Nanterre : Société d’ethnologie, 2016, p. 43-58.

Manele in Romania: Cultural Expression and Social Meaning in Balkan Popular Music, M. Beissinger, A. Giurchescu and S. Rădulescu (eds.), Rowman & Littlefield, p 163-184.

This paper attempts to describe the parodic aspects of the manea, a popular (and controversial) music genre in Romania.

Cahiers d’ethnomusicologie 26: 193‑208.

Full text and audio/video documents available on http://ethnomusicologie.revues.org/2054

Cet article décrit comment un genre musical – la manea – incite ses amateurs à des jeux relationnels empreints d'ironie. Il entend ainsi contribuer à la description de ce style de musique, d'apparition relativement récente et dont l'ethnographie reste parcellaire. Son objectif est aussi de contribuer à la compréhension de l'ironie, en tant que phénomène cognitif. Il propose d'étudier celle-ci aux limites entre musique et langage parlé, et à partir d'interactions réelles. L'intérêt pragmatique de l'ironie musicale est abordé dans la conclusion. À partir des propositions de M. Houseman pour l'analyse des rituels, il est suggéré que la manea ouvre un espace similaire de configuration des relations durables entre les participants.

 

Dynacord Powermixer 1000 as used by the lautari

Dynacord Powermixer 1000 as used by the lautari
Etnográfica 17(3), p. 581-603.

This contribution describes how Roma professional musicians in Romania use electronic sound processing for live performances in various contexts. It focuses on four techniques – amplification, mixing, reverberation and echo – which are intimately linked in the practice of these musicians. The latter two effects are modeled on natural acoustic phenomena, but are used by the musicians to create sound environments with artificial, impossible or paradoxical properties. The article details how these techniques are used, in relation to the typical interactions between the musicians and their audiences. This leads to the argument that artificial echo and reverberation (building upon amplification and mixing) are used by Roma professional musicians as techniques to “enchant” both the performance places and the social relations which they host.

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L’Air du temps. Musiques populaires dans le monde (catalogue d'exposition), L. Aubert (éd.), Rennes: Éditions Apogée, p. 170.173.

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The Balkans and the Caucasus. Parallel Processes on the Opposite Sides of the Black Sea, Ivan Biliarsky, Ovidiu Cristea and Anca Oroveanu (eds), Cambridge Scholars Publishing, p. 321-335.

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Introduction to Ateliers d'anthropologie nº35.

No matter what it is applied to—in a stunning turn, a complicated motif, a very fast solo, a dangerous acrobatic move, a machine that is particularly good at performing certain operations—, virtuosity evokes a kind of empowerment and self-celebration of technique, while also to some extent being the sublimation or surpassing of this. Taking examples from worlds that are rarely confronted, this issue sets out to show how the “facts of virtuosity” enable us to think differently about the relationship between art and technique.

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La virtuosité semble pouvoir caractériser des objets ou des performances en apparence très disparates: la musique (composée ou interprétée), la peinture, le jonglage, la fabrication artisanale de mécanismes complexes, la prestidigitation... Est-il possible de dépasser les différences manifestes induites par la variété de ces expériences, pour aborder la virtuosité en tant qu'objet d'étude anthropologique ? Cette question a été débattue les 9 et 10 janvier 2008 au musée du quai Branly, au sein d'un atelier réunissant des chercheurs, anthropologues, sociologues ainsi que des praticiens (notamment des prestidigitateurs), au croisement de l'anthropologie de l'art et des techniques. Quel que soit l'objet ou le morceau de performance auquel elle s'applique (un tour étonnant, un motif compliqué, un solo très rapide, une acrobatie dangereuse, une machine particulièrement douée pour accomplir certaines opérations), la virtuosité évoque une forme d'autonomisation et d'auto-célébration de la technique, en même temps qu'une part de sublimation ou de dépassement de celle-ci. En empruntant des exemples à des univers qui sont rarement confrontés, ce dossier vise à démontrer en quoi les « faits de virtuosité » permettent de penser de manière nouvelle la relation entre l'art et la technique.La virtuosité semble pouvoir caractériser des objets ou des performances en apparence très disparates: la musique (composée ou interprétée), la peinture, le jonglage, la fabrication artisanale de mécanismes complexes, la prestidigitation... Est-il possible de dépasser les différences manifestes induites par la variété de ces expériences, pour aborder la virtuosité en tant qu'objet d'étude anthropologique ? Cette question a été débattue les 9 et 10 janvier 2008 au musée du quai Branly, au sein d'un atelier réunissant des chercheurs, anthropologues, sociologues ainsi que des praticiens (notamment des prestidigitateurs), au croisement de l'anthropologie de l'art et des techniques. Quel que soit l'objet ou le morceau de performance auquel elle s'applique (un tour étonnant, un motif compliqué, un solo très rapide, une acrobatie dangereuse, une machine particulièrement douée pour accomplir certaines opérations), la virtuosité évoque une forme d'autonomisation et d'auto-célébration de la technique, en même temps qu'une part de sublimation ou de dépassement de celle-ci. En empruntant des exemples à des univers qui sont rarement confrontés, ce dossier vise à démontrer en quoi les « faits de virtuosité » permettent de penser de manière nouvelle la relation entre l'art et la technique.

Prabahkar Anchan, virtuoso on harmonica

Prabahkar Anchan, virtuoso on harmonica
Ateliers d'anthropologie nº35.

This article focuses on a type of virtuosity which involves the imitation of non-musical sounds in the context of musical performances. It attempts to describe the modalities of these moments of acrobatics in bluegrass and country music in North America. To highlight the historical evolution of this virtuosity system, the analysis follows the transformation of a particular melody, known as the Orange Blossom Special, which remains to this day one of the most famous imitations of trains in North American music.

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Humains, non humains : Comment repeupler les sciences sociales, Sophie Houdart and Olivier Thiery (eds). Paris: La Découverte, p. 311-320.

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Fête dans la région de Vranje, Serbie, 2002 © P. Fernandez

Fête dans la région de Vranje, Serbie, 2002 © P. Fernandez
Gradhiva 12, p. 81-95.

Abstract

This article explores the ethical ideas that underpin the practice of professional Gypsy musicians in Eastern Europe and, more particularly, in Romania. These musicians present themselves as "creators of emotion" and frequently attribute their economic success to such values as "trickery" or "guile". A good musician should be an "intelligent thief", both in his interactions with his peers and with the melodies themselves. Virtuosi play with "trickery" and these tricks can also be "stolen" by other musicians.

People who use this vocabulary of theft do not condemn it, but distinguish between the theft of musical ideas and that of material possessions. Although they are professional musicians who consider their music to be a commercial undertaking, they remain sceptical as to usefulness of copyright or "intellectual property rights". What then does it mean to "steal" tricks if they belong to nobody? How is this thief's dexterity related to ideas of creativity? What sort of economic and moral models do these musicians hold to? And how does it relate to notions of copyright?

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Proceedings of the symposium MORE (Music Orality Roots Europe), Cité de la Musique.

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Études tsiganes, n°38, coordonné par M. Olivera.

Résumé

Cette étude s'appuie sur le travail de terrain que je mène depuis 2001 avec des musiciens professionnels tsiganes au nord-est de la Roumanie. Ces musiciens, accompagnent traditionnellement de grandes fêtes et cérémonies — mariages, baptêmes, enterrements, fêtes de saint patron, etc. — à la demande de commanditaires le plus souvent roumains. Dans les années 1990, plusieurs ensembles de la région (des fanfares en particulier) ont commencé à voyager pour des tournées de concerts à travers le monde. Fortement rémunératrices, celles-ci incitent les musiciens à développer leurs prestations dans le sens des attentes du public occidental. Le nomadisme, la vie de Bohême, l'improvisation et la débrouillardise sont fréquemment mis en avant : on les retrouve dans les notices et l'iconographie accompagnant les concerts et les disques, mais aussi dans le jeu musical lui-même, et dans les attitudes scéniques, qui ont dû subir des transformations importantes pour intégrer le marché global des musiques du monde.

Le contraste n'en est que plus frappant avec les valeurs que les musiciens mettent en avant dans leurs discours, qui influencent leurs vies au village, et déterminent en partie leurs goûts musicaux. Tous parlent du voyage comme d'une corvée. L'argent gagné leur sert avant tout à construire des maisons en dur, solides, massives, qui cristallisent les nostalgies durant les longues tournées à l'étranger. Dans tous les domaines mettant en œuvre une forme de technique, « improviser » est un terme péjoratif. Cela vaut également en musique, où les connaisseurs (presque tous tsiganes) évaluent plutôt la maîtrise, le raffinement judicieusement pensé des arrangements et la précision horlogère du jeu collectif. Ce n'est que lorsque ces qualités sont réunies qu'ils parlent de « musique romani » (tsigane), le reste étant de la musique gajicani (celle des non tsiganes). Par une curieuse inversion des stéréotypes, les musiciens tsiganes attribuent aux Gaje un penchant pour le désordre et l'approximation, tandis qu'eux mêmes revendiquent l'élégance, la qualité et l'assurance des choses vraies. Dans cet article, j'aimerais illustrer ce contraste à travers plusieurs exemples. Je proposerai ensuite quelques pistes pour comprendre les mécanismes sous-tendant cette construction identitaire.

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Cette étude s'appuie sur le travail de terrain que je mène depuis 2001 avec des musiciens professionnels tsiganes au nord-est de la Roumanie. Ces musiciens, accompagnent traditionnellement de grandes fêtes et cérémonies — mariages, baptêmes, enterrements, fêtes de saint patron, etc. — à la demande de commanditaires le plus souvent roumains. Dans les années 1990, plusieurs ensembles de la région (des fanfares en particulier) ont commencé à voyager pour des tournées de concerts à travers le monde. Fortement rémunératrices, celles-ci incitent les musiciens à développer leurs prestations dans le sens des attentes du public occidental. Le nomadisme, la vie de Bohême, l'improvisation et la débrouillardise sont fréquemment mis en avant : on les retrouve dans les notices et l'iconographie accompagnant les concerts et les disques, mais aussi dans le jeu musical lui-même, et dans les attitudes scéniques, qui ont dû subir des transformations importantes pour intégrer le marché global des musiques du monde.

Le contraste n'en est que plus frappant avec les valeurs que les musiciens mettent en avant dans leurs discours, qui influencent leurs vies au village, et déterminent en partie leurs goûts musicaux. Tous parlent du voyage comme d'une corvée. L'argent gagné leur sert avant tout à construire des maisons en dur, solides, massives, qui cristallisent les nostalgies durant les longues tournées à l'étranger. Dans tous les domaines mettant en œuvre une forme de technique, « improviser » est un terme péjoratif. Cela vaut également en musique, où les connaisseurs (presque tous tsiganes) évaluent plutôt la maîtrise, le raffinement judicieusement pensé des arrangements et la précision horlogère du jeu collectif. Ce n'est que lorsque ces qualités sont réunies qu'ils parlent de « musique romani » (tsigane), le reste étant de la musique gajicani (celle des non tsiganes). Par une curieuse inversion des stéréotypes, les musiciens tsiganes attribuent aux Gaje un penchant pour le désordre et l'approximation, tandis qu'eux mêmes revendiquent l'élégance, la qualité et l'assurance des choses vraies. Dans cet article, j'aimerais illustrer ce contraste à travers plusieurs exemples. Je proposerai ensuite quelques pistes pour comprendre les mécanismes sous-tendant cette construction identitaire.

Tapis moldave

Tapis moldave
L'Homme n°192, 23-38.

Abstract

To inquire into the techniques of attraction and fascination used in several crafts in the Moldavian region of Romania, three different types of objects are compared : the eggs painted and exchanged for Easter, the fabrics woven on draw-looms, and the melodies played by brass bands of professional musicians. Despite their different modes of existence, these objects share the same techniques of creation in that they are based on procedures for composing interlocking motifs. Each in its own way defies the perceiver's ability to analyze them, and is seen as a « thought trap ». This ethnological study of the production and uses of these three types of objects tries to grasp the general principle that accounts for their power to fascinate.

In French

Cet article porte sur les techniques de captation et fascination employées dans plusieurs artisanats de la région moldave (Roumanie). Il compare trois types d'objets relevant de médias différents : les œufs peints échangés lors des fêtes pascales, les tissus réalisés sur les métiers à la tire, et les mélodies jouées par les fanfares de musiciens professionnels. Malgré leurs modes d'existence différents, ces objets relèvent de techniques de création communes, notamment en ce qu'ils s'appuient sur des procédés de composition par motifs étroitement imbriqués. À sa manière, chacun défie les capacités d'analyse de ceux qui les perçoivent, et se présente comme un « piège à pensée ». À partir d'une étude ethnographique de la production et des usages de ces trois types d'objets, l'article tente de cerner leur principe général de fascination.

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Mémoire vive. Hommages à Constantin Brăiloiu, Laurent Aubert (éd.), Gollion/Paris: Infolio, pp 53-86.

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Translated in 2011 by Speranţa Rădulescu as "Constantin Brăiloiu şi creaţia muzicală colectivă", Memorie activă. Omagiu lui Constantin Brăiloiu, Laurent Aubert (éd), Speranţa Rădulescu (trad.), Muzeul Ţăranului Român, pp 73-86.

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Pour la Science, 373, november 2008, p. 42-44.

This is a very short text, written as a sort of programme for the anthropology of music. Co-author, former professor and friend, Bernard Lortat-Jacob has his website here.

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Gabai et Cipi Pantiru dans un mariage à Iugani

Gabai et Cipi Pantiru dans un mariage à Iugani
Cahiers d'ethnomusicologie 21: "Performances". p. 51-65.

Résumé

Les musiciens professionnels de Roumanie portent un soin particulier à rendre leur jeu attachant, pénétrant et convaincant. Dans leurs commentaires, il est rare qu'ils attribuent cette efficacité à des règles, des systèmes ou des modèles mélodiques. D'après eux, les valeurs centrales pour la comprendre sont la ruse, la malice, l'adaptation et l'astuce. Liées à une conception interactionniste des performances musicales, ces notions invitent à reconsidérer le statut de la musique en général. Plus qu'un ensemble de principes abstraits, que les musiciens réaliseraient de manière sonore, elle apparaît comme une « technologie d'enchantement » : un ensemble de dispositifs permettant d'agir sur les émotions humaines.

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Shared Music and Minority Identities, Proceedings of the 3rd Meeting of the Study Group "Music and Minorities" of the International Folk Music Council, ed. by Naila Ceribasic and Erica Haskell, Zagreb: Institute of Ethnology and Folklore Research, p. 189-200.

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